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Différence entre CGP et CGPI : ce qu'il faut vraiment regarder

Différence entre CGP et CGPI : ce qu'il faut vraiment regarder

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2026
Trois personnes dans un bureau

La différence entre un CGP et un CGPI est souvent résumée à une question de statut : le premier serait salarié d'un réseau, le second à son compte. C'est une simplification trompeuse. Les deux exercent le même métier de conseil patrimonial, et ce qui les distingue vraiment, c'est l'indépendance du conseil, encadrée depuis 2018 par la réglementation. Pour bien saisir cette nuance, il est utile de partir de ce qu'est un cabinet de gestion de patrimoine.

CGP et CGPI : un socle commun

Avant les différences, rappelons ce qui rassemble ces deux profils. Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) et un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) exercent les mêmes missions : analyser une situation, proposer une stratégie (placements, fiscalité, transmission) et en assurer le suivi. Dans les deux cas, le client s'adresse à un interlocuteur censé couvrir l'ensemble de sa situation : épargne, immobilier, fiscalité, retraite et transmission.

Sur le plan réglementaire, tous deux relèvent le plus souvent du statut de conseiller en investissements financiers (CIF), une profession encadrée. À ce titre, ils doivent être inscrits à l'ORIAS, le registre officiel des intermédiaires, et adhérer à une association professionnelle agréée (comme l'ANACOFI ou la CNCGP), elle-même placée sous le contrôle de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Selon les services qu'ils proposent, ils peuvent détenir des habilitations complémentaires : courtage en assurance, intermédiation en opérations de banque, ou carte professionnelle pour l'immobilier. Mais le socle reste identique : un cadre réglementé, un devoir de conseil et une responsabilité vis-à-vis du client. Sur ce plan, rien ne sépare fondamentalement un CGP d'un CGPI.

Un point mérite d'être clarifié d'emblée : le sigle « CGPI » est un terme d'usage, pas une catégorie juridique à part entière. Beaucoup de professionnels s'en réclament, mais il ne suffit pas, à lui seul, à garantir une réelle indépendance. C'est justement là que se joue la vraie distinction.

La vraie différence : l'indépendance du conseil

Depuis l'entrée en vigueur de la directive sur les marchés d'instruments financiers (MIF II) en 2018, le conseil patrimonial se partage clairement en deux catégories, selon le mode de rémunération.

Le conseil indépendant se rémunère uniquement par des honoraires payés par le client. Le conseiller ne conserve aucune rétrocommission des produits placés : l'article L541-8-1 du Code monétaire et financier lui impose à la fois d'examiner un large éventail de solutions du marché et de refuser toute commission versée par des tiers. L'objectif est d'aligner les intérêts du conseiller et du client. C'est un modèle comparable à celui d'un avocat ou d'un expert-comptable, rémunérés pour leur conseil et non sur les produits qu'ils pourraient recommander.

Le conseil non-indépendant, lui, est souvent présenté comme « gratuit » : le conseiller se rémunère via les rétrocommissions versées par les fournisseurs sur les produits souscrits. Le coût existe, mais il est intégré aux placements, donc moins visible. Cette logique de rémunération est détaillée dans notre article sur les honoraires d'un cabinet. En pratique, selon l'AMF, le conseil exclusivement indépendant reste minoritaire : il concerne moins de 10% des conseillers.

Pour être précis, il faut distinguer deux niveaux d'indépendance. L'indépendance capitalistique tient à la structure : un cabinet libre de tout lien avec une banque ou un assureur peut travailler en architecture ouverte, c'est-à-dire puiser dans l'ensemble du marché. L'indépendance du conseil, elle, relève de la rémunération au sens de MIF II. Les deux ne vont pas systématiquement de pair : on peut être structurellement indépendant tout en se rémunérant par rétrocommissions.

« Indépendant » : attention au mot

C'est ici que se niche la confusion la plus fréquente. Être indépendant au sens du statut d'emploi (travailler à son compte, dans son propre cabinet) n'est pas la même chose qu'être indépendant au sens du conseil (MIF II).

Concrètement, un professionnel qui se présente comme « CGPI » peut très bien exercer au conseil non-indépendant, c'est-à-dire se rémunérer par des rétrocommissions. À l'inverse, travailler avec de nombreux partenaires en architecture ouverte est un bon signe, mais ne suffit pas, à lui seul, à garantir l'indépendance au sens réglementaire. Le critère qui tranche n'est donc ni l'enseigne ni l'étiquette, mais le statut déclaré du conseil et la manière dont le professionnel est payé.

Autrement dit, la bonne question n'est pas « êtes-vous CGP ou CGPI ? », mais « votre conseil est-il indépendant ou non-indépendant, et comment êtes-vous rémunéré ? ».

Un exemple éclaire ce point : un conseiller installé à son compte, qui se présente naturellement comme « indépendant », mais dont la rémunération repose entièrement sur les commissions des contrats qu'il distribue, exerce en réalité au conseil non-indépendant. Le titre revendiqué et la réalité réglementaire ne coïncident pas toujours, d'où l'importance de regarder la rémunération plutôt que l'étiquette.

CGP ou CGPI : le comparatif

Le tableau ci-dessous synthétise les différences les plus souvent observées, sans hiérarchie de valeur.

                                                                                                                                                                                                                                           
CritèreCGP (souvent de réseau)CGPI
RattachementSouvent salarié d'une banque ou d'un assureurExerce à son compte ou en cabinet indépendant
OffrePlutôt produits maison (architecture fermée)Multi-partenaires (architecture ouverte)
RémunérationSouvent commissions sur produitsHonoraires et/ou commissions selon le cas
Indépendance du conseilLe plus souvent non-indépendantÀ vérifier (indépendant ou non-indépendant)
TransparenceVariable, frais intégrésPlus lisible si honoraires

La question de l'architecture ouverte recoupe d'ailleurs celle du choix entre un cabinet et un réseau bancaire, que nous traitons dans notre comparatif cabinet ou banque.

Quelle conséquence pour vous ?

Cette distinction n'est pas qu'une subtilité réglementaire : elle a des effets concrets. Avec un conseil non-indépendant, le risque est que les recommandations s'orientent vers les produits qui rémunèrent le mieux le conseiller, et que les frais, intégrés aux placements, pèsent sur la performance nette au fil des ans. Avec un conseil indépendant, la rémunération étant payée directement par vous, le conseiller n'a pas d'intérêt à privilégier tel ou tel produit.

Cela ne signifie pas qu'un conseil non-indépendant soit nécessairement mauvais : il peut tout à fait être pertinent, à condition que la rémunération soit claire et les solutions adaptées à votre situation. L'essentiel est de savoir ce que vous payez et pourquoi, afin de juger le conseil en connaissance de cause. C'est précisément ce que la réglementation MIF II cherche à garantir : non pas interdire les commissions, mais rendre leur existence transparente pour le client.

Comment vérifier concrètement

Plutôt que de vous fier au titre affiché, quelques vérifications simples permettent de savoir à qui vous avez affaire :

  • Lisez le document d'entrée en relation (DER) : remis au premier rendez-vous, il doit préciser la mention « CIF au conseil indépendant » ou « non-indépendant ». C'est l'information la plus fiable.
  • Vérifiez l'inscription à l'ORIAS : le registre permet de confirmer que le professionnel est bien immatriculé et habilité.
  • Demandez le mode de rémunération : honoraires, commissions, ou un mélange des deux. Un cabinet sérieux répond sans détour.
  • Réclamez la grille d'honoraires ou le détail des frais : un professionnel transparent la communique sans difficulté, ce qui vous permet de comparer le coût réel du conseil.

Ces réflexes valent quel que soit le titre revendiqué, et complètent utilement nos repères pour choisir le bon cabinet. Vous pouvez aussi comparer les profils via l'annuaire des cabinets selon votre région.

Ce qu'il faut retenir

  • Même métier, même socle : CGP et CGPI partagent missions, statut CIF, inscription ORIAS et association obligatoire.
  • La vraie différence est l'indépendance du conseil (MIF II), pas seulement le statut d'emploi.
  • « CGPI » ne garantit pas l'indépendance : un conseiller indépendant de statut peut être au conseil non-indépendant.
  • Le critère décisif est la rémunération : honoraires (indépendant) ou rétrocommissions (non-indépendant).
  • Vérifiez dans le DER la mention « conseil indépendant / non-indépendant » et l'inscription ORIAS.

Questions fréquentes sur la différence entre CGP et CGPI

Quelle est la différence entre un CGP et un CGPI ?

La différence entre un CGP et un CGPI ne tient pas seulement au statut d'emploi, mais à l'indépendance du conseil. Un conseil indépendant se rémunère par honoraires sans conserver de rétrocommissions ; un conseil non-indépendant se rémunère sur les produits.

Un CGPI est-il toujours indépendant ?

Non, un CGPI n'est pas toujours indépendant au sens réglementaire. Le terme désigne souvent un conseiller à son compte, mais celui-ci peut exercer au conseil non-indépendant et percevoir des rétrocommissions. Seul le statut déclaré dans le DER fait foi.

CGP, CGPI et CIF : quelle différence ?

CGP et CGPI désignent le métier de conseil patrimonial ; CIF (conseiller en investissements financiers) est le statut réglementé que la plupart d'entre eux détiennent pour exercer l'activité de conseil financier. Le CIF est contrôlé par l'AMF.

Comment savoir si mon conseiller est indépendant ?

Pour savoir si votre conseiller est indépendant, consultez le document d'entrée en relation (DER) qu'il doit vous remettre : il précise s'il agit au conseil indépendant ou non-indépendant. Vous pouvez aussi vérifier son inscription à l'ORIAS.

CGP ou CGPI : lequel choisir ?

Le choix entre CGP et CGPI dépend moins du titre que de l'indépendance et de la transparence. Un conseil indépendant aligne mieux les intérêts, mais un conseil non-indépendant peut convenir si la rémunération est claire et les solutions adaptées.

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